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Peut-être serez-vous, comme moi, sensibles aux évocations de cet article de Marc-André Paulin à la richesse impressionnante. Parmi les ébénistes venus d'Allemagne au 18 siècle, Jean-Henri Riesener est un modèle du genre.

Connu pour avoir été l'ébéniste favori de Marie-Antoinette après sa réception en qualité de maître ébéniste en 1768, son œuvre a marqué la période du mobilier Louis XVI. Né en 1734 à Gladbeck, près d'Essen, il est arrivé, très jeune, à Paris comme apprenti chez Jean-François Oeben dont il deviendra plus tard l'associé.

L'article cité fait référence aux recherches d'originalité de Riesener dans la conception et la décoration du mobilier de cette époque, particulièrement en ce qui concerne la couleur :

Marc-André Paulin, « L’art de la couleur selon Jean-Henri Riesener », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne],  | 2015, mis en ligne le 23 décembre 2015 : http://journals.openedition.org/crcv/13350 ; DOI : 10.4000/crcv.13350

L'entrée de votre maison/appartement est la première occasion de montrer votre sens unique du style. Spacieux et accueillant il doit préfigurer le style de ce qui est à venir plus loin.

Un article du site Nostro Domus qui donne quelques conseils dans ce sens.

Voir l'article sur le site Nostro Domus

Dans un contexte où le new look prime dans les intérieurs actuels, il est intéressant de voir si on peut redonner une place de choix à ces meubles anciens, héritiers d'une histoire familiale ou chinés plus récemment.

Le site Houzz par la plume de Valérie Dolique, architecte d'intérieur et décoratrice, fournit quelques pistes pour réussir ce mariage des styles.

Voir cet article largement illustré

Une présentation à la fois intéressante et originale des intérieurs de maisons aux différentes périodes de la renaissance à la période post-moderne.

Une série de photos d'un intérieur reconstitué à chacune de ces époques permet de réaliser une véritable "visite virtuelle" de l'évolution du design et du mobilier.

 Epoque Rococo (1700)  © Chambre 237

Voir sur le site chambre237

« Bouillotte », un terme qui me rappelle les hivers de l’époque où on ne chauffait que peu les chambres. Quel plaisir de se glisser dans le lit réchauffé par la bouillotte remplie d’eau chaude. Mais quel rapport avec ce modèle de table venu de l’époque Louis XVI avec un style repris depuis par les ébénistes pour faire de ce qu’on appelle désormais plutôt un « guéridon ».

     © Isabelle Bideau - Mobilier National

Détails sur l'objet

Table « bouillotte » : désolé, mais aucun rapport avec cette bouillotte en caoutchouc ou métal que les plus âgés utilisent peut-être encore. La table bouillotte est une table à jeux dont le nom vient du jeu de La Bouillotte, un jeu de cartes qui date de la fin du règne de Louis XV ou du début de celui de Louis XVI. Un jeu qui n’était pas nouveau car précédé par le Brelan, adapté à un jeu pour plusieurs personnes. Parmi les règles notera la présence à la table de cinq joueurs actifs à côté desquels d'autres joueurs attendaient pour pour remplacer un des cinq dès qu'il était « décavé ». Chaque joueur possédait ainsi, au départ, une « cave » c’est à dire un nombre de jetons donné qui au fil du jeu pouvait s’annuler pour éliminer le joueur ainsi « décavé ».

Ce jeu prenant de l’ampleur dans les salons de l’époque, les ébénistes se mirent à réaliser des tables dites « de Bouillotte ». La table de Bouillotte était ronde, sa dimension dépendant du nombre de joueurs allant de deux à cinq. Bien que pas toujours couverte, à l’époque, d'une plaque de marbre et cerclée d'une galerie en cuivre ou laiton, c’est souvent ainsi qu’on trouve ces tables bouillotte sur le marché du mobilier ancien.

Pour en savoir plus sur ce jeu et le modèle de table : La Bouillotte

Jean-Louis Bourgogne

Les Journées européennes du Patrimoine en septembre sont l'occasion de découvrir des institutions comme le Mobilier National. Pour la deuxième fois de son histoire celui-ci a ouvert ses portes à cette occasion.

Lieu régalien où sont entreposés les meubles issus des bâtiments les plus prestigieux il permet aux instances d'état de trouver, lors de leur prise de fonction, les meubles qui conviendront à leur future position.

Situé le 12ème arrondissement de Paris, aux Gobelins, c'est un service rattaché à la direction générale de la création artistique du ministère français de la Culture.  Institution très ancienne car créée par Henri IV sous le nom de Garde-Meuble royal, elle a été rebaptisée plusieurs fois avant de prendre le nom de Mobilier national en 1870 à la chute du Second Empire.

Pour suivre cette visite, voir l'article de RFI Patrimoine : le Mobilier national, un trésor méconnu

PM : un article datant de quelques mois mais bon à rappeler : "Le Mobilier national rend accessible son patrimoine sur internet". Lire l'article sur le site de Challenges

Pour faire des recherches sur cette plateforme : https://collection.mobiliernational.culture.gouv.fr/recherche

 

En contact avec Miriam Schefzyk, doctorante en histoire de l'art à l'Université de Münster en cotutelle avec l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, j'ai plaisir à renvoyer sur un article paru en 2018 sur le site de la mairie de Paris 11 :

Miriam Schefzyk, « Les ébénistes allemands à Paris au XVIIIe siècle », Une histoire des savoir-faire. Création et vie artistique à Paris du grand siècle à nos jours, volume 1, études rassemblées et présentées par Christophe Henry, en partenariat avec le Groupe de Recherches en Histoire de l’Art moderne (GRHAM) et Les symposiums d’Histoire de l’Art de la Mairie du 11, p. 106-113 [en ligne], mis en ligne le 15 octobre 2018 URL :
https://www.mairie11.paris.fr/actualites/parution-des-symposiums-d-histoire-de-l-art-de-la-mairie-du-11e-59

Miriam Schefzyk termine actuellement sa thèse sur ce sujet pour la soutenir en novembre prochain.

Bonne lecture.

Jean-Louis Bourgogne

L’ancien dicte la tendance. Avec ses 32 % de ventes de meubles anciens listées en plus, Barnebys, écosystème dédié au marché de l’art, confirme cette évolution. ...
Alors que les prix du design du XXe siècle et du mobilier contemporain continuent d’augmenter, les antiquités et les meubles classiques restent abordables. ...
Il est aujourd'hui possible d'acheter un objet de qualité supérieure, fabriqué à la main au XIXe siècle, à un prix inférieur à celui d'un meuble IKEA.
Pontus Silfverstolpe, co-fondateur de Barnebys

Un article intéressant publié récemment sur MySweet'Immo.

 

 

Connaissez-vous ces ébénistes qui ont marqué les XVII et XVIIIème siècles en Dauphiné ? Personnellement je viens de les découvrir et souhaite partager avec vous cette découverte. Très vite, à Lyon, j’ai entendu ce nom en rencontrant des spécialistes. Un nom qui n’est pas courant et qui sonne curieusement lorsqu’on l’entend. Les majuscules ne sonnent pas bien !

Ma rencontre avec Patrick Asta Richard, ébéniste-restaurateur, maître ébéniste, Meilleur Ouvrier de France, installé rue Vaubécour à Lyon a été un déclencheur. Les meubles Hache sont sa spécialité !
C’est ainsi que j’ai trouvé comment FR3 avait relayé, il y a quelques années, l’information du « Retour à Grenoble d’une commode Hache … après 300 ans » . Une commode restaurée en 250 heures par cet ébéniste restaurateur.


Généalogie simplifiée : les ébénistes Hache

Mais qui sont donc ces Hache ? Quatre générations se succèdent depuis Noël qui, fils de boulanger, s'initie à la technique du placage dans un atelier d'un maître de Calais où il subit l’influence des marqueteurs nordiques d'Anvers et Amsterdam. Il s’installera plus tard à Toulouse.

Son fils aîné, Thomas, le suivra dans le métier mais en s’installant à Chambéry où il découvrira l’influence italienne dans son métier. Vient ensuite une installation à Grenoble, vers 1695, chez un maître ébéniste, Michel Chevalier dont il épousera plus tard la fille, perpétuant ainsi cet atelier. Le mobilier issu du style Louis XIV évolue, il s’allège. Thomas obtient en 1721 le brevet d'ébéniste ordinaire du duc Louis d'Orléans, gouverneur du Dauphiné.

Le fils unique de Thomas, Pierre le rejoint dans l’atelier. Ce dernier aura 12 enfants et l’atelier marche à plein pour nourrir cette grande famille. En effet avec l’arrivée dans l’atelier de Jean-François, fils aîné de Pierre, trois générations s’emploient à produire ces meubles dont on trouve la trace aujourd’hui.

Jean-François prend alors tout son élan, avec, en 1756, un séjour à Paris où il étudie la production du maître de l’époque, Jean-François Oeben, ébéniste de Louis XV. Revenu à Grenoble, il prend progressivement le relais de son père et impose à partir de 1760 les formes du style Louis XV. Les pieds s'allongent, se courbent et se garnissent de sabots. Il réalise des marqueteries en mosaïque.

Retiré en 1788, il laisse l'atelier à son frère Christophe-André, pour se consacrer exclusivement au projet de regroupement de ses ateliers sur l'enclos des Bénédictins en plein centre ville.


Commode Hache présentant une magnifique teinture verte de certains éléments de marqueterie,18e siècle. Restaurée par Lionel Chardonnet.
© Etienne Eymard Duvernay / château de Sassenage / Collections

Quelques références bibliographiques :

- Le génie des Hache, Françoise et Pierre Rouge - Ed. Faton

- La splendeur des Hache Le 16 avril 2019, par Philippe Dufour sur La Gazette Drouot

- Les collections du Château de Sassenage sur le site du château

- La famille Hache Wikipedia

- La splendeur des Hache en héritage par Philippe Dufour sur le site de la Gazette Drouot

Le 18ème sièclea été marqué par une production de meubles et objets de décoration intérieure particulièrement abondante.
A partir de la période Louis XIV plus marquée par l’architecture qui est aujourd’hui une base importante du patrimoine apprécié par les nombreux visiteurs français et étrangers. Le mobilier qui, souvent, est en place pour embellir les intérieurs de ces monuments reste cependant pour ces visiteurs un second choix de destination même s’ils aiment en apprécier la complémentarité artistique.

Ce siècle, riche de productions, a été marqué par une successions de styles dont la variété et l’évolution dans le temps sont remarquables.

Cinq périodes sont ainsi reconnues comme marques de styles de ce XVIIIème siècle :

  • 1700-1730 : Régence, transition entre le règne de Louis XIV et celui de Louis XV
  • 1730-1760 : Louis XV
  • 1750-1774 : Transition, comme passage de Louis XV à Louis XVI
  • 1774-1785 : Louis XVI
  • 1790-1803 : Directoire, avec la période révolutionnaire et prélude à l’Empire

Régence  style de transition qui, à partir des éléments du style Louis XIV en assouplit les lignes et éclaircit les meubles par les bois clairs et le bois sculpté doré. Quelques grands ébénistes marquent la période comme Charles Cressent et, autour de lui, Mondon, Dubois, Godreaux, Joubert, Doirat.

Le style Louis XV est le plus riche car il a vu les ébénistes créer un grand nombre de modèles inédits. L’innovation prévaut partout avec le développement de courbes et contre-courbes dont l’asymétrie décorative est appuyée par le bronze doré. C’est une époque qui voit des maîtres étrangers s'installer à Paris et travailler pour Versailles : Bernard Van Risen Burgh dont l'estampille est B.V.R.B. et Roger Vandercruse, dit Lacroix, dont la marque au fer est R.V.L.C. Les sièges, nombreux, sont l’œuvre de maîtres menuisiers : Nicolas Heurtant, Nicolas Quinibert Foliot, Delanois, Tilliard. Nombreuses sont les estampilles célèbres : Oeben, Godreaux, Criaerd, Dubois, Lieutand, N. Petit, Migeon, Joubert, Roussel.

Le style Transition correspond à cette période qui assure la passage du style Louis XV, marqué par une grande inventivité, et le style Louis XVI qui marque le retour à une inspiration plus classique. Des ornementations de style néoclassique prennent la place des rocailles précédentes, parfois en les juxtaposant. Plus plats et moins galbés les meubles sont plus droits et avec une grande symétrie. Les bronzes sont eux-mêmes plus sobres.

Le style Louis XVI apparaît comme le prolongement du style Transition, confirmant ainsi le retour aux lignes droites avec une plus grande sobriété. Les formes géométriques, inspirées de l’antiquité grecque, romaine, étrusque, remplacent les formes rocaille Louis XV. Des formes particulièrement marquées dans les piétements comme le pieds cannelés ou les colonnettes carrées. La symétrie apparaît également dans l’ornementation plus simple inspirée de la végétation ou des thèmes antiques. L’ébéniste marquant de cette époque est Georges Jacob. Sont également actifs, Riesener, Oeben, Dubois, Saunier, Roentgen Topino, Roger Van der Cruz La Croix (R.V.L.C.), Benneman, Pluvinet, Montigny, Carlin, Weisweiller, Leleu.

Le style Directoire dont le nom rappelle le gouvernement révolutionnaire des années 1795 à 1799, est, là encore, un style de transition entre les styles Louis XVI et Empire. Elégant et sobre, le mobilier mélange courbes discrètes et lignes droites. L'inspiration antique est plus présente que dans le style Louis XVI et confère au mobilier une plus grande sévérité. Les références révolutionnaires sont de plus en plus présentes dans les décors.

Plus d’informations sur :
Search Antiques : www.search-antiques.com/fr/styles-mobilier/styles.html
Art & Antiques, antiquaires à 37600 LOCHES : www.art-et-antiques.com/les-styles-de-meubles-article-5-0-36.html