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Peut-être serez-vous, comme moi, sensibles aux évocations de cet article de Marc-André Paulin à la richesse impressionnante. Parmi les ébénistes venus d'Allemagne au 18 siècle, Jean-Henri Riesener est un modèle du genre.

Connu pour avoir été l'ébéniste favori de Marie-Antoinette après sa réception en qualité de maître ébéniste en 1768, son œuvre a marqué la période du mobilier Louis XVI. Né en 1734 à Gladbeck, près d'Essen, il est arrivé, très jeune, à Paris comme apprenti chez Jean-François Oeben dont il deviendra plus tard l'associé.

L'article cité fait référence aux recherches d'originalité de Riesener dans la conception et la décoration du mobilier de cette époque, particulièrement en ce qui concerne la couleur :

Marc-André Paulin, « L’art de la couleur selon Jean-Henri Riesener », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne],  | 2015, mis en ligne le 23 décembre 2015 : http://journals.openedition.org/crcv/13350 ; DOI : 10.4000/crcv.13350

A l’occasion du quatrième centenaire de la naissance de Jean-Baptiste Colbert et Charles Le Brun, le Mobilier National ouvre ses portes jusqu’au 4 décembre pour cette exposition.

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) a été ministre de Louis XIV pendant plus de vingt ans et Charles Le Brun (1619-1690) peintre officiel en qualité de premier peintre du roi.
Deux personnages qui ont marqué leur époque sur les plans politique, économique et artistique.
On leur doit, en particulier, la création des manufactures dont la mission était de créer des objets pour la décoration des demeures royales.
Destinés à célébrer la gloire du Roi-Soleil ces objets ont été gérés, voire entreposés, par ce qui s’appelait alors le Garde-Meuble de la Couronne pour devenir par la suite Garde-Meuble National puis l’actuel Mobilier National.
L’exposition met en avant les différents acteurs de l’époque par des portraits et des évocations des œuvres et métiers concernés.
D’où la présence des Manufactures dont le principe date de cette époque et dont sont issues ces créations exceptionnelles. Le Mobilier National regroupe actuellement, à la suite des évolutions de la politique artistique :

  • la manufacture de tapisserie de Beauvais,
  • la manufacture de tapisserie des Gobelins,
  • la manufacture de tapis de la Savonnerie,
  • l'atelier conservatoire national de la dentelle du Puy-en-Velay
  • l’atelier national du point d’Alençon

N’hésitez donc pas à visiter cette exposition avant le 4 décembre 2019. Pour en savoir plus sur le site du Mobilier National

Jean-Louis Bourgogne

« Bouillotte », un terme qui me rappelle les hivers de l’époque où on ne chauffait que peu les chambres. Quel plaisir de se glisser dans le lit réchauffé par la bouillotte remplie d’eau chaude. Mais quel rapport avec ce modèle de table venu de l’époque Louis XVI avec un style repris depuis par les ébénistes pour faire de ce qu’on appelle désormais plutôt un « guéridon ».

     © Isabelle Bideau - Mobilier National

Détails sur l'objet

Table « bouillotte » : désolé, mais aucun rapport avec cette bouillotte en caoutchouc ou métal que les plus âgés utilisent peut-être encore. La table bouillotte est une table à jeux dont le nom vient du jeu de La Bouillotte, un jeu de cartes qui date de la fin du règne de Louis XV ou du début de celui de Louis XVI. Un jeu qui n’était pas nouveau car précédé par le Brelan, adapté à un jeu pour plusieurs personnes. Parmi les règles notera la présence à la table de cinq joueurs actifs à côté desquels d'autres joueurs attendaient pour pour remplacer un des cinq dès qu'il était « décavé ». Chaque joueur possédait ainsi, au départ, une « cave » c’est à dire un nombre de jetons donné qui au fil du jeu pouvait s’annuler pour éliminer le joueur ainsi « décavé ».

Ce jeu prenant de l’ampleur dans les salons de l’époque, les ébénistes se mirent à réaliser des tables dites « de Bouillotte ». La table de Bouillotte était ronde, sa dimension dépendant du nombre de joueurs allant de deux à cinq. Bien que pas toujours couverte, à l’époque, d'une plaque de marbre et cerclée d'une galerie en cuivre ou laiton, c’est souvent ainsi qu’on trouve ces tables bouillotte sur le marché du mobilier ancien.

Pour en savoir plus sur ce jeu et le modèle de table : La Bouillotte

Jean-Louis Bourgogne

En contact avec Miriam Schefzyk, doctorante en histoire de l'art à l'Université de Münster en cotutelle avec l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, j'ai plaisir à renvoyer sur un article paru en 2018 sur le site de la mairie de Paris 11 :

Miriam Schefzyk, « Les ébénistes allemands à Paris au XVIIIe siècle », Une histoire des savoir-faire. Création et vie artistique à Paris du grand siècle à nos jours, volume 1, études rassemblées et présentées par Christophe Henry, en partenariat avec le Groupe de Recherches en Histoire de l’Art moderne (GRHAM) et Les symposiums d’Histoire de l’Art de la Mairie du 11, p. 106-113 [en ligne], mis en ligne le 15 octobre 2018 URL :
https://www.mairie11.paris.fr/actualites/parution-des-symposiums-d-histoire-de-l-art-de-la-mairie-du-11e-59

Miriam Schefzyk termine actuellement sa thèse sur ce sujet pour la soutenir en novembre prochain.

Bonne lecture.

Jean-Louis Bourgogne

La presse régionale, l'Est Républicain, s'est fait l'écho de l'activité d'ébénisterie restauration des Ateliers d'art Walser près de Nancy.

Nous relayons avec grand plaisir ces informations sur cet atelier que nous connaissons bien.

Touchons du bois, avec l’art… et la matière  !

Visite des ateliers Walser à Mazerulles

Plusieurs ébénistes-restaurateurs repérés comme formés ou en formation dans un établissement de Nancy au beau nom de « Compagnons des Walser » ont été à l’origine d’une recherche d’informations et de contact. « Compagnons » d’une part avec tout ce que ce terme implique dans le domaine de l’artisanat. « Les Walser » ? De quoi s’agit-il ? Tel est l’objet de cet article.

Les Walser

Dans ce contexte, il s’agit là d’une famille d’ébénistes-restaurateurs installée à Nancy qui porte le nom de ce qui est présenté, historiquement, comme « un peuple paysan burgonde germanophone qui, au cours du Moyen Âge, a colonisé des contrées montagnardes alpines nouvelles sous contrat avec les princes seigneurs ou s'est établi dans les tenures ou consortages en partie abandonnés des différentes contrées ou hautes vallées alpines qui appartiendront plus tard à la Suisse, l'Italie, le Liechtenstein, l'Autriche et la France. » (Source : Wikipedia)

C’est ainsi que depuis un millénaire les Walser travaillent le bois sous toutes ses formes. Implantée à Zermatt, la famille se dirige progressivement vers le Vorarlberg et le Tyrol. Remarqués par le Prince du Luxembourg, les Walser s’installent dans son pays pour continuer à exercer leur art.

Cette tradition du bois s’est retrouvée dans les mains de la famille actuelle, au Luxembourg d’abord, puis à Nancy où Robert Walser (ne pas confondre avec l’écrivain suisse homonyme) reprenait un atelier d’ébénisterie.

Les Ateliers Walser

Un atelier qu’il transmit en 1972 à son fils Philippe Walser qui, lui-même, en a confié, en 2009, la direction générale à sa fille Anne-Sophie Cohen.

Un atelier qui, donc, existe depuis 1876 avec un savoir-faire datant même de plusieurs siècles.

Des créations qui sont signées Walser, signature déposée à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle).

Mais aussi la restauration de mobilier, les ateliers Walser ayant le savoir-faire pour travailler sur des meubles de toutes époques et la déontologie qu’implique leur restauration-conservation.

Plus de détails sur le site des ateliers Walser

Finalement, tout un savoir-faire que l’entreprise familiale ne souhaite pas garder pour elle. Elle a le souci de la transmettre.

C’est pourquoi cet atelier a été doublé d’un organisme de formation, « Les Compagnons des Walser », dont l’originalité repose sur le concept d’ « école entreprise ». Un concept qui exprime l’idée que l’essentiel est de former non seulement aux techniques du futur métier mais aussi à son exercice dans le cadre d’une entreprise individuelle ou plus étendue. En intégrant à l’enseignement des notions de temps de réalisation, de rentabilité et de gestion.

L'Ecole-Entreprise « Les Compagnons des Walser »

Institut de Formation en Restauration de Mobilier

Grâce à la haute qualité de leur formation « Les Compagnons des Walser » préparent à l’accès à un emploi stable et durable dans les Métiers d’Art. Au travers de cette formation c’est la sauvegarde du savoir-faire et des méthodes ancestrales de l’Ebénisterie d’Art et de la Restauration du Patrimoine Mobilier à laquelle on participe.

La qualité de l’enseignement est privilégiée et chaque promotion compte au maximum une dizaine d’élèves suivis individuellement par 2 formateurs hautement qualifiés. Chacun bénéficie donc du maximum de conseils personnalisés pour progresser jour après jour.

L’Ecole est ouverte à tous, filles et garçons, sans exclusive. L’institut ne recherche pas les diplômes mais privilégie, dans la droite ligne du Compagnonnage, les qualités humaines et une sensibilité marquée pour l’artistique.

Admission

La formation est ouverte à divers types de publics.

Contenu de la formation

Des formations sont organisées sur 1, 2 ou 3 ans.
Les programmes sont adaptés en fonction de la durée retenue et des profils des stagiaires.

Formations courtes

Des professionnels ( compagnons, artisans et antiquaires) viennent faire des stages de spécialisations ( marqueterie d'œuf, travail de la nacre, poses de peaux de python ou de vachette, patine-vieillissement des marbres neufs, etc...) sur des temps d'une semaine ou plus ( 15 jours à 1 mois, 3 mois et plus).
Des formations sont également organisées pour des spécialisations comme :

  • Découverte et réalisation d’un vernis au tampon traditionnel
  • Réalisation d’une marqueterie géométrique
  • Stage de relooking
  • Stage de restauration de meuble massif
  • Stage de restauration de meuble marqueté ou plaqué

Plus de détails sur le site de l’école...

Ces deux entreprises sont répertoriées dans l’annuaire du site Patrimoine-Mobilier.fr : Les Ateliers des Walser et Les Compagnons des Walser

Connaissez-vous ces ébénistes qui ont marqué les XVII et XVIIIème siècles en Dauphiné ? Personnellement je viens de les découvrir et souhaite partager avec vous cette découverte. Très vite, à Lyon, j’ai entendu ce nom en rencontrant des spécialistes. Un nom qui n’est pas courant et qui sonne curieusement lorsqu’on l’entend. Les majuscules ne sonnent pas bien !

Ma rencontre avec Patrick Asta Richard, ébéniste-restaurateur, maître ébéniste, Meilleur Ouvrier de France, installé rue Vaubécour à Lyon a été un déclencheur. Les meubles Hache sont sa spécialité !
C’est ainsi que j’ai trouvé comment FR3 avait relayé, il y a quelques années, l’information du « Retour à Grenoble d’une commode Hache … après 300 ans » . Une commode restaurée en 250 heures par cet ébéniste restaurateur.


Généalogie simplifiée : les ébénistes Hache

Mais qui sont donc ces Hache ? Quatre générations se succèdent depuis Noël qui, fils de boulanger, s'initie à la technique du placage dans un atelier d'un maître de Calais où il subit l’influence des marqueteurs nordiques d'Anvers et Amsterdam. Il s’installera plus tard à Toulouse.

Son fils aîné, Thomas, le suivra dans le métier mais en s’installant à Chambéry où il découvrira l’influence italienne dans son métier. Vient ensuite une installation à Grenoble, vers 1695, chez un maître ébéniste, Michel Chevalier dont il épousera plus tard la fille, perpétuant ainsi cet atelier. Le mobilier issu du style Louis XIV évolue, il s’allège. Thomas obtient en 1721 le brevet d'ébéniste ordinaire du duc Louis d'Orléans, gouverneur du Dauphiné.

Le fils unique de Thomas, Pierre le rejoint dans l’atelier. Ce dernier aura 12 enfants et l’atelier marche à plein pour nourrir cette grande famille. En effet avec l’arrivée dans l’atelier de Jean-François, fils aîné de Pierre, trois générations s’emploient à produire ces meubles dont on trouve la trace aujourd’hui.

Jean-François prend alors tout son élan, avec, en 1756, un séjour à Paris où il étudie la production du maître de l’époque, Jean-François Oeben, ébéniste de Louis XV. Revenu à Grenoble, il prend progressivement le relais de son père et impose à partir de 1760 les formes du style Louis XV. Les pieds s'allongent, se courbent et se garnissent de sabots. Il réalise des marqueteries en mosaïque.

Retiré en 1788, il laisse l'atelier à son frère Christophe-André, pour se consacrer exclusivement au projet de regroupement de ses ateliers sur l'enclos des Bénédictins en plein centre ville.


Commode Hache présentant une magnifique teinture verte de certains éléments de marqueterie,18e siècle. Restaurée par Lionel Chardonnet.
© Etienne Eymard Duvernay / château de Sassenage / Collections

Quelques références bibliographiques :

- Le génie des Hache, Françoise et Pierre Rouge - Ed. Faton

- La splendeur des Hache Le 16 avril 2019, par Philippe Dufour sur La Gazette Drouot

- Les collections du Château de Sassenage sur le site du château

- La famille Hache Wikipedia

- La splendeur des Hache en héritage par Philippe Dufour sur le site de la Gazette Drouot

Le 18ème sièclea été marqué par une production de meubles et objets de décoration intérieure particulièrement abondante.
A partir de la période Louis XIV plus marquée par l’architecture qui est aujourd’hui une base importante du patrimoine apprécié par les nombreux visiteurs français et étrangers. Le mobilier qui, souvent, est en place pour embellir les intérieurs de ces monuments reste cependant pour ces visiteurs un second choix de destination même s’ils aiment en apprécier la complémentarité artistique.

Ce siècle, riche de productions, a été marqué par une successions de styles dont la variété et l’évolution dans le temps sont remarquables.

Cinq périodes sont ainsi reconnues comme marques de styles de ce XVIIIème siècle :

  • 1700-1730 : Régence, transition entre le règne de Louis XIV et celui de Louis XV
  • 1730-1760 : Louis XV
  • 1750-1774 : Transition, comme passage de Louis XV à Louis XVI
  • 1774-1785 : Louis XVI
  • 1790-1803 : Directoire, avec la période révolutionnaire et prélude à l’Empire

Régence  style de transition qui, à partir des éléments du style Louis XIV en assouplit les lignes et éclaircit les meubles par les bois clairs et le bois sculpté doré. Quelques grands ébénistes marquent la période comme Charles Cressent et, autour de lui, Mondon, Dubois, Godreaux, Joubert, Doirat.

Le style Louis XV est le plus riche car il a vu les ébénistes créer un grand nombre de modèles inédits. L’innovation prévaut partout avec le développement de courbes et contre-courbes dont l’asymétrie décorative est appuyée par le bronze doré. C’est une époque qui voit des maîtres étrangers s'installer à Paris et travailler pour Versailles : Bernard Van Risen Burgh dont l'estampille est B.V.R.B. et Roger Vandercruse, dit Lacroix, dont la marque au fer est R.V.L.C. Les sièges, nombreux, sont l’œuvre de maîtres menuisiers : Nicolas Heurtant, Nicolas Quinibert Foliot, Delanois, Tilliard. Nombreuses sont les estampilles célèbres : Oeben, Godreaux, Criaerd, Dubois, Lieutand, N. Petit, Migeon, Joubert, Roussel.

Le style Transition correspond à cette période qui assure la passage du style Louis XV, marqué par une grande inventivité, et le style Louis XVI qui marque le retour à une inspiration plus classique. Des ornementations de style néoclassique prennent la place des rocailles précédentes, parfois en les juxtaposant. Plus plats et moins galbés les meubles sont plus droits et avec une grande symétrie. Les bronzes sont eux-mêmes plus sobres.

Le style Louis XVI apparaît comme le prolongement du style Transition, confirmant ainsi le retour aux lignes droites avec une plus grande sobriété. Les formes géométriques, inspirées de l’antiquité grecque, romaine, étrusque, remplacent les formes rocaille Louis XV. Des formes particulièrement marquées dans les piétements comme le pieds cannelés ou les colonnettes carrées. La symétrie apparaît également dans l’ornementation plus simple inspirée de la végétation ou des thèmes antiques. L’ébéniste marquant de cette époque est Georges Jacob. Sont également actifs, Riesener, Oeben, Dubois, Saunier, Roentgen Topino, Roger Van der Cruz La Croix (R.V.L.C.), Benneman, Pluvinet, Montigny, Carlin, Weisweiller, Leleu.

Le style Directoire dont le nom rappelle le gouvernement révolutionnaire des années 1795 à 1799, est, là encore, un style de transition entre les styles Louis XVI et Empire. Elégant et sobre, le mobilier mélange courbes discrètes et lignes droites. L'inspiration antique est plus présente que dans le style Louis XVI et confère au mobilier une plus grande sévérité. Les références révolutionnaires sont de plus en plus présentes dans les décors.

Plus d’informations sur :
Search Antiques : www.search-antiques.com/fr/styles-mobilier/styles.html
Art & Antiques, antiquaires à 37600 LOCHES : www.art-et-antiques.com/les-styles-de-meubles-article-5-0-36.html