Skip to content

Les Hache, ébénistes en Dauphiné

Connaissez-vous ces ébénistes qui ont marqué les XVII et XVIIIème siècles en Dauphiné ? Personnellement je viens de les découvrir et souhaite partager avec vous cette découverte. Très vite, à Lyon, j’ai entendu ce nom en rencontrant des spécialistes. Un nom qui n’est pas courant et qui sonne curieusement lorsqu’on l’entend. Les majuscules ne sonnent pas bien !

Ma rencontre avec Patrick Asta Richard, ébéniste-restaurateur, maître ébéniste, Meilleur Ouvrier de France, installé rue Vaubécour à Lyon a été un déclencheur. Les meubles Hache sont sa spécialité !
C’est ainsi que j’ai trouvé comment FR3 avait relayé, il y a quelques années, l’information du « Retour à Grenoble d’une commode Hache … après 300 ans » . Une commode restaurée en 250 heures par cet ébéniste restaurateur.


Généalogie simplifiée : les ébénistes Hache

Mais qui sont donc ces Hache ? Quatre générations se succèdent depuis Noël qui, fils de boulanger, s'initie à la technique du placage dans un atelier d'un maître de Calais où il subit l’influence des marqueteurs nordiques d'Anvers et Amsterdam. Il s’installera plus tard à Toulouse.

Son fils aîné, Thomas, le suivra dans le métier mais en s’installant à Chambéry où il découvrira l’influence italienne dans son métier. Vient ensuite une installation à Grenoble, vers 1695, chez un maître ébéniste, Michel Chevalier dont il épousera plus tard la fille, perpétuant ainsi cet atelier. Le mobilier issu du style Louis XIV évolue, il s’allège. Thomas obtient en 1721 le brevet d'ébéniste ordinaire du duc Louis d'Orléans, gouverneur du Dauphiné.

Le fils unique de Thomas, Pierre le rejoint dans l’atelier. Ce dernier aura 12 enfants et l’atelier marche à plein pour nourrir cette grande famille. En effet avec l’arrivée dans l’atelier de Jean-François, fils aîné de Pierre, trois générations s’emploient à produire ces meubles dont on trouve la trace aujourd’hui.

Jean-François prend alors tout son élan, avec, en 1756, un séjour à Paris où il étudie la production du maître de l’époque, Jean-François Oeben, ébéniste de Louis XV. Revenu à Grenoble, il prend progressivement le relais de son père et impose à partir de 1760 les formes du style Louis XV. Les pieds s'allongent, se courbent et se garnissent de sabots. Il réalise des marqueteries en mosaïque.

Retiré en 1788, il laisse l'atelier à son frère Christophe-André, pour se consacrer exclusivement au projet de regroupement de ses ateliers sur l'enclos des Bénédictins en plein centre ville.


Commode Hache présentant une magnifique teinture verte de certains éléments de marqueterie,18e siècle. Restaurée par Lionel Chardonnet.
© Etienne Eymard Duvernay / château de Sassenage / Collections

Quelques références bibliographiques :

- Le génie des Hache, Françoise et Pierre Rouge - Ed. Faton

- La splendeur des Hache Le 16 avril 2019, par Philippe Dufour sur La Gazette Drouot

- Les collections du Château de Sassenage sur le site du château

- La famille Hache Wikipedia

- La splendeur des Hache en héritage par Philippe Dufour sur le site de la Gazette Drouot